Migrants: Bruxelles présente un «plan d’action» pour aider l’Italie

La Commission européenne a présenté ce mardi 4 juillet «—un plan d’action—» migratoire pour venir en aide à l’Italie, débordée par les arrivées incessantes sur ses côtes de migrants partis de Libye.

Présenté au Parlement européen à Strasbourg, le plan de la Commission prévoit notamment de « renforcer les capacités des autorités libyennes grâce à un projet de 46 millions d’euros » préparé avec Rome. Il prévoit également d’augmenter l’aide à l’Italie « grâce à une enveloppe supplémentaire de 35 millions d’euros prête à être immédiatement mobilisée ».

L’exécutif européen demande de « soutenir la création, en Libye, d'un centre de coordination et de sauvetage maritime entièrement opérationnel » et d'aider Tripoli à renforcer les contrôles à sa frontière méridionale. « La réserve de réaction rapide du corps européen de garde-frontières et de garde-côtes composée de plus de 500 experts en matière de retour est prête à être déployée à la demande de l'Italie », a précisé la Commission.

Bruxelles demande également à l’Italie, ainsi qu’aux autres Etats membres, d’accélérer les renvois vers leurs pays des migrants ne pouvant pas prétendre au statut de réfugié en Europe. Elle a par ailleurs encouragé Rome à rédiger le « code de conduite pour les ONG » effectuant des opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée, annoncé lundi à l’issue d’une réunion entre les gouvernements allemand, français et italien.

Ce « plan d’action » présenté par la Commission européenne sera soumis aux Vingt-Sept lors d’une réunion informelle des ministres de l’Intérieur européens à Tallinn, en Estonie, qui sera largement consacrée à la situation en Méditerranée centrale.

 

Parmi les plus de 100 000 migrants arrivés depuis janvier dernier en Europe en traversant la Méditerranée, plus de 85 000 ont débarqué en Italie et près de 9 300 en Grèce, selon les chiffres diffusés ce mardi par l’Organisation internationale pour les migrations. Ces derniers jours, Rome a appelé les autres pays européens à ouvrir leurs ports aux bateaux secourant les migrants afin d’alléger son fardeau. Mais certains pays comme la France estiment qu’une telle initiative pourrait provoquer « un appel d’air supplémentaire ».

Les relations se tendent entre Rome et Vienne sur fond de crise migratoire

Le ministère italien des Affaires étrangères a annoncé la convocation de l'ambassadeur d’Autriche après les déclarations d'un ministre autrichien de la Défense sur la mise en place sous peu de contrôles aux frontières pour empêcher l'afflux de migrants.

L'Autriche a en effet annoncé sa volonté de déployer des soldats à sa frontière avec l'Italie pour empêcher tout afflux de migrants. « Ces mesures seront indispensables si l'afflux vers l'Italie ne ralentit pas », s’est justifié le ministre autrichien de la Défense Hans Peter Doskozil. Quatre véhicules blindés ont déjà été envoyés vers la frontière.

Pourtant, bien que le nombre de migrants arrivés en Italie en 2017 soit en augmentation de 20 % par rapport à 2016, le nombre estimé de passages à la frontière italo-autrichienne est stable. Selon le chef de la police du Tyrol, 15 à 25 migrants sont interceptés chaque jour dans cette région autrichienne frontalière de l’Italie. Le parti social-démocrate semble donc durcir son discours sur la migration, à quatre mois de législatives anticipées. La formation au pouvoir en Autriche n’exclut d’ailleurs pas de s’allier au parti d’extrême droite FPÖ.  Une coalition avec le FPÖ serait la seule solution pour le SPÖ de rester au gouvernement après le scrutin.

RFI