Etats-Unis : « 10 Burkinabè en prison, 15 frappés de folie »

Le président de l’Association des Burkinabè de New York  (ABNY), Tommy Zongo, est au pays. Un séjour qu’il met à profit pour voir les siens, mais aussi pour préparer la « nuit du Faso dan fani » chez l’Oncle Sam. Dans cet entretien, le pharmacien parle des difficultés d’intégration des Burkinabè aux Etats-Unis d’Amérique.
 
Sidwaya (S.) : Votre association organise « la nuit du Faso dan fani » et une journée en hommage à la femme à New York. Quel est l’état des préparatifs à un mois de l’évènement ?   
 
 
Tommy Zongo (T. Z.) : La nuit du « Faso dan fani » est organisée spécialement pour rendre hommage à la femme. Le « Faso danfani » est notre repère culturel, notre identité nationale. Comme on le dit, toute civilisation a une identité culturelle. Nous nous identifions à ce tissu, qui est une richesse incommensurable. C’est à nous de le porter très haut.
Les préparatifs vont bon train. Je suis à Ouagadougou pour d’autres circonstances, mais j’ai profité pour établir les derniers contacts, pour mettre les derniers  rouages en place au niveau artistique et organisationnel pour la réussite de  cet évènement.
Coté New York, nous avons trouvé une salle de spectacles qui peut contenir plus de 500 personnes. C’est un lieu approprié, un cadre idéal et sécurisé qui peut recevoir nos autorités.
 
 
S. : Quel sera le menu de cette soirée ?
 
 
T. Z. : Au cours de la journée, il y aura un ensemble d’activités visant à rendre hommage à la femme, une rue marchande.
Les participants viennent de partout. A New York, toute la communauté burkinabè est mobilisée. Dans les autres Etats où vivent les Burkinabè, c’est la même détermination. Des artistes locaux burkinabè qui résident à New York prendront part à la fête. Ils seront accompagnés par ceux qui viendront du pays. Nous avons invité des artistes modernes mais aussi traditionnels.
 
 
S. : Comment se porte l’association des Burkinabè de New York? 
 
 
T. Z. En ce moment, l’association se porte bien. Actuellement, nous travaillons en fonction de ce qui nous a été assigné dans le cahier des charges par la communauté. Nous sommes en train d’évoluer positivement  conformément au plan d’actions que nous avons établi tout au cours des deux années que dure notre mandat.
 
 
S. : Vous venez d’accéder à la tête de l’Association. Nouveau président, nouveaux défis, dit-on. Quels sont vos nouveaux chantiers ? 
 
 
T. Z. : Le défi que nous nous sommes assignés bien avant de prendre les rênes de l’Association, c’est d’unir tous les Burkinabè. Parce qu’il y avait quelques divergences entre nous. Mais nous sommes sur la bonne voie pour nous unir et assurer une cohésion parfaite entre tous les Burkinabè. 
 
 
S. : Comment se passe l’intégration des nouveaux Burkinabè aux Etats-Unis ? 
 
 
T. Z. : Dans notre plan d’action, nous sommes en train de travailler pour l’accueil des nouveaux Burkinabè. Quand les gens arrivent, ils intègrent de façon disparate et anarchique le système américain. 
En ce moment, nous avons 10 compatriotes en prison et une quinzaine de cas de folie. Cela est lié spécialement à la pression, au stress. Nous avons d’autres qui sont en psychiatrie, certains en voie d’être rapatriés. Les cas de rapatriement sont dus aux habitudes, aux règles et aux lois dont il faut être en conformité parfaite. Les USA sont un pays de droit. Par exemple, le seul fait de boire de l’alcool dehors, uriner dehors, peut conduire à la prison. Nous avons inclus ce volet dans notre plan d’actions. 
Il s’agira d’établir une base de données qui servira à recenser les nouveaux venus, à leur donner des instructions sur le mode de vie. A cet effet, nous avons contacté des avocats de l’immigration, pour accompagner nos compatriotes qui éventuellement se sont retrouvés dans ces cas malheureux.
L’objectif premier de notre l’association, est de réunir, d’unir, d’assurer la cohésion et de défendre les intérêts de nos membres, leur venir en aide dans les cas heureux ou malheureux.
 
S. : Certains Burkinabè à l’image de Aboubacar Fofana ont perdu la vie dans des incidents assez troublants…
 
 
T. Z. : Le cas de Fofana, c’est vraiment malheureux. Je saisis l’occasion pour réitérer mes condoléances à la famille éplorée. Mais, il faut dire que l’intégration des immigrants est très importante dans le processus d’adaptation. Si on arrive dans un pays d’accueil, on  veut ressembler aux autochtones, il faut prendre les bons côtés.  Si on veut se croire Américain, on veut entrer dans le système sans suivre le processus normal, on ne peut que avoir des situations comme celle-là.
 
 
Propos recueillis par Djakaridia SIRIBIE