Réunion des Fonctionnaires de Haut Niveau (SOM), les 24 -25 octobre 2017 à Accra, Ghana.

En vue de la Cinquième Conférence Ministérielle Euro-Africaine sur la Migration et le Développement, le Processus de Rabat a convoqué une réunion des Fonctionnaires de Haut Niveau (SOM) à Accra pour valider le nouveau projet de programme de coopération pluriannuel 2018-2020, qui sera ensuite adopté au niveau ministériel en 2018. La SOM, qui était accueillie par la République du Ghana et présidée par le Royaume de Belgique, a marqué un jalon dans le processus de consultation qui a été lancé plus tôt cette année, afin de soutenir le développement du nouveau cadre stratégique, qui remplacera le Programme de Rome en 2018.

L'objectif principal de cette réunion de deux jours était de discuter et d'approuver les projets de Déclaration Politique et de Plan d'Action qui composent le nouveau programme de coopération pluriannuel. Comme l'a rappelé l'Ambassadeur Michel Lastschenko, Envoyé Spécial pour la Migration et l'Asile et représentant du Royaume de Belgique lors de la cérémonie d'ouverture: “Les textes répondent aux mêmes objectifs que le Plan d’Action de la Valette, et s’inscrivent dans une même volonté de mieux comprendre les causes profondes de la migration, de mieux assurer la protection des migrants et des demandeurs d’asile, de favoriser la mobilité et la migration légale, y compris les mesures permettant le retour, la réadmission et la réintégration, de prévenir la migration irrégulière, le trafic des migrants et la traite des êtres humains et de lutter contre ces phénomènes.” 

En ce qui concerne ces défis, Son Excellence M. William Hanna, Ambassadeur de l'Union Européenne au Ghana, a déclaré qu'ils ne pourraient:

"(...) être traités efficacement qu’en coopération avec les pays d'origine, de transit et de destination dans l'esprit de partenariat, de responsabilité partagée et de solidarité. Ce sont les principes fondateurs du Processus de Rabat (...)."

Il a en outre ajouté que: "Cela nécessite une réponse politique soigneusement conçue, équilibrée et durable (et) l'implication de toutes les parties prenantes dans le processus, y compris les États, la société civile, les médias, les autorités locales et le secteur privé, ainsi que la diaspora, les migrants et leurs familles."

Les intervenants à la cérémonie d'ouverture ont également rappelé aux participants la dimension humaine de la migration et de “(...) ne jamais oublier, malgré nos responsabilités nationales, que la sécurité de nos États, de nos frontières, ne peut jamais l’emporter sur la sécurité et la dignité des migrants, quels qu’ils soient.”, comme M. Lastschenko l'a déclaré, et M. Hanna a souligné dans sa déclaration:

“La question n'est pas de savoir comment on peut ‘arrêter’ la migration. La question est de savoir comment elle peut être mieux gérée."

Outre les représentants des pays partenaires et des organisations internationales, deux organisations de la société civile (la Commission Internationale Catholique pour les Migrations, et l'Observatoire Ouest-Africain des Migrations) ont assisté à la SOM en qualité d'observateurs. Leur invitation constitue un développement remarquable puisque, auparavant, la société civile n'avait été invitée à participer qu'à des réunions techniques du Processus de Rabat et non pas de haut niveau ou politiques.

Alors que l'ordre du jour de la première journée portait principalement sur l'examen du projet de Déclaration Politique, le deuxième jour était entièrement consacré à l'examen du projet de Plan d'Action et, en particulier, de sa mise en œuvre et de la valeur ajoutée du Processus de Rabat en tant que plateforme régionale d’échange.

Cinq groupes de travail parallèles ont permis aux participants d'examiner en détail toutes les questions en jeu. Chaque groupe de travail s’est concentré sur l'un des cinq domaines du Plan d'Action Conjointe de La Valette 2015, qui sera également reflété dans le futur programme de coopération du Processus de Rabat:

  • Avantages des migrations en termes de développement et lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées;
  • Migration légale et mobilité;
  • Protection et asile;
  • Prévenir la migration irrégulière, le trafic de migrants et la traite des êtres humains et lutter contre ces phénomènes;
  • Retour, Réadmission et Réintégration.

Dans chaque groupe de travail, un pays partenaire Africain et un pays partenaire Européen ont été invité à partager une étude de cas ou un cas de réussite; cela a été suivi de discussions approfondies.

Le nouveau programme de coopération pluriannuel tiendra compte des nouvelles réalités des défis migratoires et reflétera le rôle évolutif du Processus de Rabat en tant que dialogue régional sur les migrations et sa responsabilité de surveiller la mise en œuvre du Plan d'Action Conjoint de La Valette. À cette fin, et compte tenu du court délai de mise en œuvre, le futur programme de coopération pluriannuel accordera une attention particulière à la définition d'objectifs réalistes et réalisables qui valorisent le cadre intergouvernemental existant, et s’inscrivent dans les spécificités du Processus de Rabat en tant que forum Euro-Africain pour un dialogue et une coopération équilibrés.

La réunion s'est achevée par l'approbation du projet de Déclaration Politique et du Plan d'Action, prêts à être officiellement adoptés lors de la cinquième Conférence ministérielle qui se tiendra à la mi-2018. 

 

Le Secrétariat Processus de Rabat