Forum sur la diaspora : « S’il se tient, ce sera un acte historique », Tommy Régis Zongo, président de l’Association des Burkinabè de New York

Pharmacien résidant aux Etats-Unis, le président de l’Association des burkinabè de New York (ABNY), Tommy Régis Zongo est ravi de la tenue, en 2018, d’un forum sur la diaspora, annoncé par le président du Faso. Il y voit de la considération à l’égard des burkinabè de l’extérieur, et surtout un acte historique.

24infos.net : Comment avez-vous accueilli l’annonce de la tenue d’un forum sur la diaspora par le président du Faso ?

Tommy Régis Zongo (T. R. Z.) : Il s’agit, à mon avis, d’une belle initiative. Cette annonce est une traduction de la considération des Burkinabè vivants à l’extérieur du Burkina Faso.  Ce forum, s’il se tient, sera un acte historique, car jamais cela ne s’était passé.

Ce sera une véritable reconnaissance de l’inestimable potentiel de développement que détient la diaspora. Par exemple, en 2005, l’aide publique au développement stagnait à 105 milliards de dollars alors que les envois de fonds grimpaient à 167 milliards de dollars. Toutefois, ces fonds servent surtout à la consommation des familles et à des investissements individuels dans les pays d’origine. Ce qui les rend peu visibles.

24infos.net : Quel est l’intérêt d’une telle rencontre pour les burkinabé de l’extérieur et le pays ?

T. R. Z. : Ce forum va d’abord, servir de cordon ombilical entre la diaspora et la patrie. La grande difficulté des professionnels africains, c’est l’absence d’une interface qui leur permettrait d’entretenir un dialogue permanent avec les autorités de leurs pays d’origine.

Les pays qui connaissent le renforcement de la concertation avec la diaspora ont mis en place un cadre ouvert d’expression publique et de gouvernance vertueuse. Nous nous réjouissons donc qu’aujourd’hui le Burkina Faso veuille suivre l’exemple des pays comme le Maroc et le Mali, où, la diaspora bénéficie de cadres pour investir ses transferts dans des micro-projets, dans la création de petites et moyennes entreprises, le renforcement des flux financiers et les secteurs bancaires…. Les diasporas ont besoin d’être impliquées, en partenaires, aux efforts de développement de leurs pays.

Il faut noter que les transferts financiers de la diaspora ont considérablement  renforcé les avoirs des secteurs bancaire et financier dans certains pays.  Toutefois, le niveau et l’efficacité de l’usage de  ces transferts  pourraient cependant être améliorés, et nous recommandons vivement une baisse des coûts des virements financiers. La communauté internationale devrait elle aussi, réfléchir aux moyens de transformer les membres des diasporas en une classe spéciale d’investisseurs.

24infos.net : Quelles sont vos attentes de ce forum?

T. R. Z. : C’est peut-être aller vite en besogne. Quand les termes de référence seront élaborés, avec un thème à l’appui, nous aurons une idée de ce que l’on veut y mettre. Nous pensons que l’acquis fondamental est la création de ce cadre.

Interview réalisée par Ngassoun Débé

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